1ère Route du rhum pour le skipper nantais Sébastien Marsset

Sébastien Marsset skipper nantais du Class 40 Campings Tohapi participera à sa première Route du Rhum dont ce seront les 40 ans cette année. 

 

Que représente pour vous la Route du rhum ?

La route du Rhum c’est l’enjeu sportif majeur de la saison et c’est la course pour laquelle on se prépare avec Campings Tohapi depuis février. C’est une course au large mythique, en tant que marin c’est un rendez-vous important.

Vous avez navigué en équipage pendant plusieurs années, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer à nouveau dans les courses en solitaire ?

L’envie de la navigation en solitaire ne m’a jamais quitté depuis que j’ai commencé à faire des courses au large à temps plein. En revanche, j’ai eu entre 2011 et 2017 l’opportunité de naviguer sur des équipages internationaux de haut niveau et donc je me suis nourri de l’expérience de toutes les personnes avec lesquelles j’ai navigué. Le fait de voir les 40 ans de la Route du Rhum je me suis dit que c’était le moment de valoriser l’expérience acquise pendant toutes ces années en équipe sur un projet en solitaire.

Vous vous êtes fixé comme objectif d’être dans le Top 5, quels sont vos atouts pour cette course ?

Être dans le Top 5 ce serait une très belle performance compte tenu du contexte général, de mon niveau et du niveau du bateau sur lequel je navigue. Mon atout c’est d’abord d’avoir un partenaire parce que je suis soutenu dans ce projet et que j’ai les moyens de pouvoir partir dans de bonnes conditions. Je dirai aussi mes expériences en équipage c’est-à-dire d’avoir naviguer avec les meilleurs navigateurs français et internationaux.

 

Vous naviguez sur un Class 40, pour quelles raisons avez-vous opté pour ce type de bateau ?

Le fait d’opter pour la Class 40 c’est à la fois un choix technique parce que ce sont des bateaux de 12 mètres qui restent pour ma part abordables pour un retour en solitaire et il y a une réalité économique qui fait que c’est une class qui permet aux partenaires d’être présents sur des évènements majeurs […] J’ai eu la chance de rencontrer le groupe Vacalians, qui s’est engagé via une de ses marques Campings Tohapi, avec lequel on a beaucoup de connivences entre un projet de course au large et puis un groupe d’hôtellerie de plein air.

 

En quoi consiste votre préparation, quelle formation avez-vous suivie ?

Le bateau est basé à Lorient où il y a une structure Lorient Grand Large qui propose de l’entraînement à la fois sur l’eau c’est-à-dire qu’on fait des semaines d’entraînement pendant lesquelles on a des thèmes à travailler comme la vitesse, les manœuvres. On a également des formations à terre sur des thèmes bien précis comme la météo, la stratégie et on a des intervenants spécialisés dans chacun de ces domaines qui viennent dispenser les formations. Ensuite libre à chaque coureur de décider d’approfondir un domaine par exemple on a participé à la Normandy Channel Race qui est une course en double et j’ai proposé à Jean-Luc Nélias de venir m’épauler pour la navigation. Il a gagné la Volvo Ocean Race et il est le routeur de Thomas Coville. Il a plein de choses à m’apporter en terme de navigation et de gestion de la performance à bord et je voulais progresser dans ces domaines-là.

Votre quotidien à bord varie en fonction de la météo, comment vos journées se déroulent-elles lorsque vous êtes en course ?

L’idée globale qu’il faut retenir c’est que 100 % de la vie du marin sur son bateau est dédiée à la marche du bateau et à la course, il n’y a quasiment pas d’autres préoccupations. On a quand même un peu des rituels ne serait-ce qu’au niveau météo, on a des heures auxquelles on sait qu’on va recevoir des nouvelles de la météo et des classements, donc on va travailler sur la table à carte, sur l’analyse des fichiers météo et des derniers classements et voir si la stratégie qu’on a mise en place s’est déroulée comme prévue. Il y a les repas qui rythment la journée, je sais que si le vent va tourner et forcir je vais devoir faire une manœuvre et donc il faudra peut-être que je m’alimente avant. Il faut avoir ses petites habitudes car c’est bien de se sentir bien à bord mais il faut aussi s’adapter constamment.

Comment votre passion pour la voile est-elle née ?

Elle ne m’est pas venue quand j’étais enfant parce que je n’aimais pas trop ça. J’étais à l’école de voile de la Jonelière où mes parents m’avaient inscrit et je n’aimais pas trop. Dans un premier temps je m’en suis un peu éloigné et j’y suis revenu à l’adolescence avec une navigation hauturière pas forcément axée sur la course et la performance mais sur le fait de passer du temps en mer au large. Ça m’a plu donc au fur et à mesure je me suis dit que j’aimerai bien m’orienter vers ce domaine.

Avez-vous des navigateurs qui vous inspirent encore aujourd’hui ?

J’ai beaucoup navigué avec Franck Cammas, j’ai beaucoup appris grâce à lui. C’est quelqu’un de très exigeant avec qui c’est très intéressant de travailler parce qu’il ne fait pas de concessions sur le fait de faire progresser le bateau, l’équipe de manière générale.

Le Vendée Globe figure-t-il parmi vos futurs projets ?

J’ai fait deux tours du monde à la voile en équipage. Je me relance dans la navigation en solitaire, le concept de faire un tour du monde à la voile c’est vraiment quelque chose qui me motive, qui me passionne donc oui ça m’intéresse. Quand on regarde le Vendée Globe il y a très peu de personnes qui ont déjà navigué dans les mers du sud. Il n’y a pas que le Vendée Globe non plus, la Class 40 va peut-être proposer une alternative.

 

Infos complémentaires :

Route du Rhum, départ de la course le 4 novembre 2018 à Saint-Malo

Crédit photo : © Eloi Stichelbaut / Campings Tohapi

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